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vendredi 12 janvier 2018

Les nouveaux voisins

Julie Prentice, son mari Daniel et leurs jumeaux de six ans déménagent à Cincinnati pour échapper à une femme qui harcèle Julie depuis la parution de son roman Le Jeu de l’assassin, devenu un best-seller. Le charmant quartier de Mount Adams semble l’endroit parfait pour un nouveau départ.
Mais l’intégration dans cette nouvelle ville n’est pas si facile, et Julie fait rapidement face à une certaine hostilité de la part de ses voisins, notamment Cindy Sutton, la présidente de l’association du quartier. Quoi que Julie fasse, ça ne fait qu’empirer la situation. Heureusement qu’elle peut compter sur John Dunbar, qui vit à côté, et avec qui elle se lie très vite d’amitié. Mais elle est loin d’imaginer qu’une banale conversation avec lui va faire éclater sa vie en morceaux.
Julie et sa famille deviennent bientôt la cible de brimades de plus en plus troublantes et le bonheur apparent de Mount Adams se transforme en cauchemar. La harceleuse de Julie l’a-t-elle retrouvée, ou est-ce que ce sont ses voisins qui lui veulent du mal ? Alors que les tensions grandissent au sein du voisinage, les ennemis se révèlent et les répercussions pourraient être mortelles.
Fractured
Catherine McKenzie 2017

Merci à Michel Lafon et à Babelio.

Je me suis régalée avec ce roman, mais je n’en doutais pas une seconde. Déjà, à la lecture du résumé, je me suis figuré une histoire qui me scotcherai, un peu dans le genre de Derrière la haine, avec des problèmes de voisinage qui iraient tellement loin qu’on serait proche de l’apocalypse. Ce titre a tenu ses promesses.

Un mot sur le contexte. Julie est romancière et, après la sortie du Jeu de l’assassin, qu’elle appelle le Livre, elle a été harcelée par Heather, qui pensait vraisemblablement que ce qu’elle a écrit dans le Livre était réellement arrivé et qu’elle avait orchestré avec deux amis un meurtre lorsqu’elle faisait ses études. Julie et son mari ont donc décidé de déménager et s’installer dans un quartier « tranquille ». Mais c’est sans compter sur les voisins, qui ne lui veulent pas que du bien.

Les relations entre voisins sont, évidemment, au centre de l’ouvrage : entre celui qui cherche à tout savoir et tout contrôler, et celui qui vous assigne en justice pour un oui ou pour un non, on a une panoplie assez large de la folie des gens.

En plus, le texte ne respecte pas tout à fait une ligne chronologique. Nous avons en chaque début de chapitre un décompte en mois par rapport à un événement clef, ainsi que, parfois, l’avancement de cet événement entrelacé avec les chapitres. Dit comme ça, on dirait que c’est compliqué, mais en fait tout est très bien indiqué, ce qui fait qu’on ne se perd pas dans la temporalité du texte. Et l’effet de suspense est du coup très bien mené.

Jusqu’à la fin, je me demandais qui était la victime. Et c’est ça qui est amusant, car on comprend rapidement qui est le méchant (encore que…), et l’on se demande ce qu’il a bien pu faire pendant un moment. C’était le monde à l’envers, et cela ajoutait encore à la tension que je ressentais en parcourant les pages de ce roman. Sur la fin, je n’étais même plus capable d’arrêter ma lecture, tant je voulais savoir. Et une fois que j’ai su, j’étais apaisée, les dernières pages sont arrivées comme un bel épilogue, et cette question de la culpabilité reste là.

Vous l’aurez compris, ce texte est vraiment super. Je me suis régalée du début à la fin et j’espère avoir l’occasion de lire encore des romans de ce genre, car cela fait toujours du bien, un peu de tension !

jeudi 8 octobre 2015

Méfiez-vous du treizième signe

Sur la planète du Cancer, comme dans le reste de la constellation du Zodiaque, l’astrologie régit la vie quotidienne. Pas de place pour les imprévus, et encore moins pour une catastrophe. Pourtant, Rhoma, jeune étudiante Zodaï, est hantée par de terribles visions. Personne ne la croit mais l’impensable se produit brutalement : une des lunes du Cancer explose. Raz-de-marée, pluies de météorites, tout l’univers de la jeune fille est plongé dans le chaos. Aidée de son mentor, le flegmatique Mathias, et d’Hysan, l’excentrique émissaire du signe de la Balance, Rhoma se lance alors dans une course contre la montre au travers de la galaxie pour prévenir les autres civilisations de la menace ancestrale qui plane sur elles. Car les douze signes du zodiaque étaient à l’origine treize… et, dans l’ombre, le dernier attend son heure. Celle de la destruction.
Zodiac
Romina Russell 2014

Merci à Livraddict aux Éditions Michel Lafon.

La couverture est sublime, et le résumé très accrocheur. En plus, je voyais passer énormément d’avis positifs sur ce titre, donc la barre était mise vraiment très haut. C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai commencé ma lecture. J’avais peur que le roman ne soit pas à la hauteur de ce que j’en attendais. Mais, très vite, j’ai été embarquée dans cette aventure intergalactique.

Imaginez un monde qui représente le Zodiaque. Chaque signe possède ses planètes, ses lunes et a sa façon bien à lui de vivre, sa culture, ses coutumes, ses préjugés sur les autres. Imaginez une terre à l’échelle d’une galaxie, et vous comprendrez les différents aprioris des uns envers les autres, et les différences culturelles qu’il y a entre Bélier et Poissons, ou Cancer, ou Gémeaux. Une fois cette carte mentale gigantesque instaurée, ajoutez-y une légende commune qui nous fait penser à la Tour de Babel et qui a séparé les différentes cultures, qui formaient avant un monde uni, une unité, le Zodiaque.

Le décor est planté, l’aventure peut commencer. On navigue dans ce monde complètement atypique en compagnie de Rhoma, jeune Cancer devenue celle sur qui tout repose, car elle est la seule à percevoir le danger imminent. Avec elle, on frissonne, on a peur, on est insurgé devant l’incrédulité qui l’entoure et l’empêche de mener à bien sa mission. Les événements s’enchaînent à la vitesse lumière, et de la mise en place rapide, on se retrouve à la fin du roman, en se disant : « déjà ?! »

Tous les éléments s’imbriquent les uns dans les autres à la perfection et, même s’il n’y a pas vraiment de suspense, on arrive malgré tout toujours à être surpris par des petits éléments disséminés ici et là. Et que dire des personnages ? Il y en a beaucoup, mais tous ont leur petit truc qui les distingue. Une personnalité atypique, une tendresse qu’on a envie de leur porter. Je ne mentionnerai pas par contre le triangle amoureux qui m’a exaspérée et n’avait pas lieu d’être, pour moi. Heureusement, son issue m’a plu (même si j’aimais tellement ce personnage…) car cela veut dire que le prochain tome n’aura pas ce défaut.

D’ailleurs, ce prochain tome, quand sort-il ? Car je ne sais pas si je vais survivre bien longtemps sans le lire. De la SF/fantastique aussi atypique et bien travaillée, cela mérite qu’on y porte notre attention. Alors, je veux la suite !

L’étoile vagabonde »

vendredi 12 juin 2015

Invisibilité

Stephen est invisible depuis toujours.
Une malédiction impossible.
Jusqu’au jour où Elizabeth le voit.
Elle seule peut briser le sort.
Au risque de les séparer à jamais.
Invisibility
Andrea Cremer & David Levithan 2013

Avant tout, je souhaite remercier Livraddict et les Éditions Michel Lafon pour l’envoi de ce titre. Cela faisait un moment que j’espérais un jour avoir un titre de cet éditeur, merci !

À la lecture du résumé, une multitude de questions se posent. Je me suis interrogée sur la vraisemblance d’une telle mise en place, sur la façon dont les auteurs allaient se dépêtrer d’une telle histoire, s’ils allaient bien prendre en compte tous les petits détails qu’engendrerait une invisibilité permanente. Au final, j’ai eu à peu près tout ce que j’attendais, même si je reste sceptique sur la vraisemblance.

Nous sommes dans une histoire fantastique, donc que l’on ne s’étonne pas de la présence de l’homme invisible, d’accord. Toutefois, je trouve que les personnages prennent les faits avec une trop grande sérénité. Sauf peut-être pour Elizabeth qui panique carrément à la découverte de ce mystère, pour les autres, cela ne semble pas si anormal. Tout comme pour l’existence des poseurs de maléfices. C’est anodin, tout le monde en croise dans la rue. J’ai eu ce sentiment qu’on considérait que le lecteur était déjà familier de toutes ces choses, alors que j’aurais aimé qu’on me prenne un peu pour une novice qui ne sait pas dans quoi elle s’embarque. C’est un mystère qui aurait permis de donner de la dimension.

Mais rassurez-vous, c’est le seul point un peu problématique que j’ai repéré car, pour le reste, il n’y a pas de fausses notes. L’histoire est logique, les événements se déroulent avec des péripéties, on se demande ce qu’il va se passer et on est surpris par les émotions qui se dégagent de certains personnages. Même si je me figurais Stephen, dans mon esprit, plutôt comme un gamin de dix ans que comme un ado (la faute à son immaturité, peut-être ?), les sentiments qu’éprouvaient les personnages me semblaient vrais et cohérents.

J’ai notamment beaucoup aimé tous les petits détails de la vie de Stephen, qui donnent du corps au récit et nous montrent toutes les implications de cette invisibilité : il ne peut pas cacher ses yeux du soleil, il doit parler doucement quand il se balade dans la rue… Autant de petits détails dont j’ai raffolé pendant ma lecture, et j’espérais secrètement pouvoir coincer les auteurs sur un petit quelque chose qui serait incohérent. Pas de chance pour moi, ils semblent avoir pensé à tout !

Quant à ce final, j’en suis enchantée. Ce roman, sous couvert de fantastique, nous donne une véritable leçon de tolérance et nous montre qu’il est important d’aider et aimer son prochain, quel qu’il soit, même s’il est différent. Et cette conclusion nous l’illustre parfaitement. Je ne peux dire en quoi, sans révéler la finalité de l’intrigue, mais une autre fin aurait eu moins d’impact et aurait un peu gâché le message, si beau et si porteur. En bref, un très bon roman pour se détendre !